Répertoires déclarés d’influence au Maroc : une analyse comparative des organisations de la société civile et des cabinets d’affaires publiques
DOI :
https://doi.org/10.5281/zenodo.21910275Résumé
Résumé
Au Maroc, les organisations de la société civile (OSC) et les cabinets d’affaires publiques rendent visibles leurs répertoires d’influence à travers des vocabulaires distincts. Les premières mobilisent les notions de plaidoyer, de participation et de mobilisation, tandis que les seconds recourent davantage aux termes d’affaires publiques, de relations institutionnelles, de communication d’influence ou de lobbying. Malgré ces différences terminologiques, leurs instruments peuvent remplir des fonctions comparables. L’étude vise à cartographier les répertoires déclarés par chaque catégorie d’acteurs et à interpréter leurs convergences instrumentales sans confondre leurs mandats, leurs régimes de légitimité et leurs obligations de reddition de comptes. La recherche adopte un positionnement pragmatique à dominante interprétative et mobilise une analyse qualitative de contenu dirigée, assistée par NVivo. Le corpus raisonné est constitué d’organisations de la société civile et de cabinets ou structures apparentées, documentés à partir de sites institutionnels, de pages LinkedIn officielles et d’inventaires vérifiables. Les données ont été agrégées en répertoires binaires au niveau de l’acteur. Les résultats montrent que les cabinets mettent principalement en avant les relations institutionnelles ou le lobbying, ainsi que la communication ou la sensibilisation. Les OSC insistent davantage sur le renforcement des capacités ou l’accompagnement, le plaidoyer ou la réforme, ainsi que la participation, le dialogue ou la mobilisation. L’expertise, la recherche ou l’information constituent la principale zone de proximité entre les sous-corpus. Les cooccurrences révèlent un noyau accès-communication chez les cabinets et un noyau participation-capacités chez les OSC. L’article met ainsi en évidence une logique fonctionnelle commune, mais des positionnements organisationnels distincts. Il contribue à dissocier la proximité technique des instruments de l’équivalence des responsabilités. Les résultats portent toutefois sur des présentations publiques : ils ne mesurent ni l’intensité des pratiques, ni l’accès effectivement obtenu, ni leur efficacité sur les décisions publiques.
Mots clés : plaidoyer ; affaires publiques ; société civile ; présentation organisationnelle ; Maroc.
Abstract
In Morocco, civil society organizations (CSOs) and public affairs consultancies make their influence repertoires visible through distinct vocabularies. The former draw on the notions of advocacy, participation, and mobilization, whereas the latter more often use the terms public affairs, institutional relations, influence communication, or lobbying. Despite these terminological differences, their instruments may perform comparable functions. The study aims to map the repertoires publicly declared by each category of actor and to interpret their instrumental convergences without conflating their mandates, legitimacy regimes, and accountability obligations. The research adopts a pragmatic position with a predominantly interpretive orientation and uses directed qualitative content analysis assisted by NVivo. The purposively constructed corpus consists of civil society organizations and consultancies or related structures, documented through institutional websites, official LinkedIn pages, and verifiable professional or institutional inventories. The data were aggregated into binary actor-level repertoires. The findings show that consultancies mainly emphasize institutional relations or lobbying, along with communication or awareness raising. CSOs place greater emphasis on capacity building or support, advocacy or reform, and participation, dialogue, or mobilization. Expertise, research, or information constitutes the clearest area of proximity between the subcorpora. Co-occurrence patterns reveal an access–communication core among consultancies and a participation–capacity core among CSOs. The article therefore identifies a shared functional logic alongside distinct organizational positionings. Its main contribution is to separate the technical proximity of influence instruments from any presumed equivalence of responsibilities: similar tools acquire different meanings depending on the principal represented, the purpose pursued, the basis of representation, and the mechanisms of accountability. The findings nevertheless concern public self-presentations rather than influence as actually practiced. They do not measure the intensity of activities, the institutional access obtained, or the effectiveness of these practices in shaping public decisions.
Keywords: advocacy; public affairs; civil society; organizational self-presentation; Morocco.
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