Le niveau des allocations de chômage influence-t-il la durée de retour à l’emploi ? Évidences empiriques du Maroc par la Méthode de Régression de Kink

Authors

  • CHATRI Abdellatif
  • ESSADIQI Marouan
  • ASMA Imane

DOI:

https://doi.org/10.5281/zenodo.19914396

Abstract

Résumé

Cet article vise à estimer l’effet causal du niveau des allocations de chômage au Maroc sur la durée du chômage, en mobilisant la méthode de régression de Kink (Reression Kink Design, RKD). Cette approche, qui prolonge la méthode bien connue de la régression sur discontinuité, est particulièrement utile lorsque la règle d’attribution d’un traitement présente un « kink », c’est-à-dire un changement de pente, dans la relation entre la variable de politique publique et la variable d’assignation sous-jacente. C’est précisément le cas du régime marocain d’indemnisation du chômage, qui se caractérise par une formule de calcul des prestations soumise à un plafond maximum. Cette configuration institutionnelle rend la méthode RKD particulièrement adaptée à l’identification de l’effet causal du montant des allocations sur la durée du chômage. 

L’analyse repose sur une base de données administrative couvrant l’ensemble des salariés du secteur formel au Maroc ayant perdu leur emploi au cours des années 2020 et 2021. À partir de ces données, les résultats obtenus montrent que les allocations de chômage prolongent la durée du chômage. Une augmentation de 100 MAD allonge la durée du chômage de 7 à 12 jours, avec une élasticité comprise entre 0,96 % et 1,41 %. Cependant, les effets diffèrent selon le sexe : alors que ces allocations allongent la durée du chômage des hommes, elles la réduisent pour les femmes, ce qui suggère que ces dernières sont plus réactives aux politiques publiques. L’absence de significativité statistique peut découler des critères d’éligibilité restrictifs du régime marocain d’indemnisation du chômage.

Mots clés : : Allocations de chômage ; Régression de Kink ; Durée du chômage ; Évaluation d’impact

 

 

Abstract

This paper aims to estimate the causal effect of the level of unemployment benefits in Morocco on unemployment duration, using a regression kink design (RKD). This approach, which extends the well- known regression discontinuity design, is particularly useful when the treatment assignment rule exhibits a “kink”, that is, a change in slope, in the relationship between the public policy variable and the underlying assignment variable. This is precisely the case for the Moroccan unemployment benefits scheme, which is characterized by a benefit formula subject to a maximum cap. This institutional configuration makes the RKD method particularly suitable for identifying the causal effect of benefit levels on unemployment duration.

The analysis is based on an administrative database covering all formal sector employees in Morocco who lost their jobs during 2020 and 2021. Using this database, the results show that unemployment

benefits extend the duration of unemployment. A 100 MAD increase lengthens unemployment by 7 to 12 days, with an elasticity ranging from 0.96% to 1.41%. However, the effects differ by gender: while these benefits lengthen unemployment duration for men, they shorten it for women, suggesting that women are more responsive to public policies. The lack of statistical significance may stem from restrictive eligibility criteria in Morocco’s unemployment benefits scheme.

Key words: Unemployment Benefits; Regression Kink Design; Unemployment Duration; Impact Evaluation

Published

2026-04-30

How to Cite

CHATRI Abdellatif, ESSADIQI Marouan, & ASMA Imane. (2026). Le niveau des allocations de chômage influence-t-il la durée de retour à l’emploi ? Évidences empiriques du Maroc par la Méthode de Régression de Kink. African Scientific Journal, 3(35), 1627. https://doi.org/10.5281/zenodo.19914396