Arbitrage des banques commerciales en République Démocratique du Congo entre financement de l’économie réelle et placements en titres publics domestiques et étrangers : identification des principaux facteurs déterminants
DOI:
https://doi.org/10.5281/zenodo.23316134Abstract
Résumé
Cette étude analyse les facteurs qui déterminent l’arbitrage effectué par les banques commerciales en République Démocratique du Congo entre, d’une part, le financement de l’économie réelle à travers l’octroi de crédits, et d’autre part, les placements financiers en titres émis par l’État congolais, la Banque Centrale du Congo ou des États étrangers.
Face à un environnement réglementaire marqué par un renforcement des règles prudentielles, notamment à travers l’instruction n°14 de la Banque Centrale du Congo, portant normes prudentielles de gestion et à un contexte macroéconomique changeant, les banques congolaises doivent en permanence ajuster leur stratégie d’allocation des ressources. Ce dilemme stratégique met en tension deux logiques : contribuer au financement de l’économie nationale ou rechercher la sécurité et la rentabilité à travers des placements financiers.
La démarche méthodologique adoptée repose sur une approche économétrique. Une revue documentaire approfondie a été menée, couplée à une analyse économétrique sur données de panel portant sur sept institutions bancaires opérant en RDC, sur la période de 2018-2024. L’utilisation d’un modèle à effets fixes, combinée à des tests de causalité de Granger, a permis de dégager les principaux facteurs qui influencent significativement cette dynamique d’arbitrage.
Les résultats obtenus indiquent que trois dimensions principales guident ces choix : les exigences prudentielles, la structure du passif des banques et la gestion du risque-rendement. Par ailleurs, la taille du bilan et l’importance des dépôts captés tendent à encourager ces derniers, notamment en période d’expansion économique. Enfin, la rentabilité des banques (mesurée par les indicateurs ROA et ROE) favorise également les placements, alors que la dégradation de la qualité du portefeuille (via le taux de créances en souffrance) incite à une plus grande prudence et freine l’octroi de crédits.
Ces constats suggèrent que les choix des banques ne répondent pas uniquement à une logique de maximisation du profit à court terme. Ils s’inscrivent plutôt dans une démarche d’optimisation sous contraintes, notamment réglementaires, mais aussi conjoncturelles.
En conclusion, l’article recommande d’accroître la flexibilité des règles prudentielles, notamment via des mécanismes contracycliques, et de renforcer les dispositifs de gestion actif-passif (ALM) des banques afin d’aligner leurs objectifs de stabilité financière avec leur rôle de catalyseur du développement économique.
Mots-clés : Banque, crédits, déterminants de l’arbitrage bancaire, données de panel, Gestion des risques, placements financiers et règlementation prudentielle.
Abstract
This research focuses on the factors determining the trade-off made by commercial banks in the Democratic Republic of Congo between, on the one hand, financing the real economy through lending and, on the other hand, financial investments, which are perceived as less risky and more liquid.
Faced with a framework marked by increased prudential rules, notably through Instruction No. 14 issued by the Central Bank of Congo, and a changing macroeconomic context, Congolese banks must constantly adjust their resource allocation strategy. This strategic dilemma creates tension between two approaches: contributing to the financing of the national economy or seeking security and profitability through financial investments.
The methodological approach adopted is based on a mixed approach. An in-depth literature review was conducted, coupled with an econometric analysis of panel data on seven banking institutions operating in the DRC between 2018 and 2024. The use of a fixed effects model, combined with Granger causality tests, identified the main factors influencing this arbitrage dynamic.
The results obtained indicate that three main factors guide these choices: prudential requirements, the structure of banks' liabilities, and risk-return management. In addition, the size of the balance sheet and the volume of deposits tend to encourage the latter, particularly during periods of economic expansion. Finally, bank profitability (measured by ROA and ROE indicators) also encourages investment, while a deterioration in portfolio quality (via the rate of non-performing loans) encourages greater caution and slows down lending.
These findings suggest that banks' choices are not solely driven by a desire to maximize short-term profits. Rather, they are part of an optimization process subject to constraints, particularly regulatory constraints, but also cyclical constraints.
In conclusion, the article recommends greater flexibility in prudential regulation, notably through countercyclical mechanisms, and stronger asset-liability management (ALM) in banks in order to align their financial stability objectives with their role as catalysts of economic development.
Keywords: Bank, bank credit, determinants of banks’ trade-offs, panel data, risk management, financial investments and prudential regulation.
Downloads
Published
How to Cite
Issue
Section
License
Copyright (c) 2026 African Scientific Journal

This work is licensed under a Creative Commons Attribution-NonCommercial-NoDerivatives 4.0 International License.
















