Inégalités d'accès au premier emploi des jeunes diplômés au Maroc : quels enseignements pour l'orientation des dépenses sociales ?
DOI:
https://doi.org/10.5281/zenodo.23337803Abstract
Résumé
Cet article analyse les inégalités d’accès au premier emploi des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur au Maroc et en tire des enseignements pour l’orientation des dépenses sociales. À partir d’un extrait de micro-données d’une enquête de l’Instance nationale d’évaluation (INE-CSEFRS) portant sur des jeunes diplomés diplômés âgés de 15 à 29 ans, la durée d’attente du premier emploi est analysée à l’aide de l’estimateur de Kaplan-Meier et d’un modèle semi-paramétrique de Cox à risques proportionnels. Dix hypothèses issues des théories du capital humain, du signal, de la recherche d’emploi et de l’appariement sont testées. Les résultats montrent que les diplômés des établissements à accès ouvert et ceux dont le père appartient à une catégorie socioprofessionnelle moyenne ou défavorisée accèdent nettement moins vite à leur premier emploi. Le désavantage des femmes est significatif mais non constant dans le temps. Ces résultats plaident pour un ciblage des dépenses d’intermédiation et d’insertion sur les diplômés des établissements à accès ouvert et sur les jeunes dépourvus de réseaux familiaux, ainsi que pour un rééquilibrage des moyens alloués aux établissements qui forment la majorité des diplômés.
Mots clés : Jeunes diplômés ; Premier emploi ; Inégalités d’insertion ; Modèle de Cox ; Dépenses sociales.
Abstract
This paper examines inequalities in access to the first job among young higher-education graduates in Morocco and draws lessons for the allocation of social expenditure. Using micro-data extracted from a survey by the National Evaluation Authority (INE-CSEFRS) covering 163 graduates aged 15 to 29, the waiting time before the first job is analysed with the Kaplan-Meier estimator and a semi-parametric Cox proportional hazards model. Ten hypotheses derived from human capital, signalling, job search and matching theories are tested. The results show that graduates of open-access institutions and those whose father belongs to a middle or disadvantaged socio-professional category find their first job markedly more slowly. Women’s disadvantage is significant but not constant over time. These findings call for targeting intermediation and integration spending on open-access graduates and on young people without family networks, and for rebalancing the resources allocated to the institutions that train most graduates.
Keywords: Young graduates; First job; Labour market inequalities; Cox model; Social expenditure.
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